Tout savoir sur la respiration, vers la spiritualité

Cet article et le troisième et dernier sur la présentation du livre de Daniel Kieffer sur tout ce qui est possible de savoir autour de la respiration. Je vous invite à lire ou à relire le 1er et le 2ème article avant d’aborder celui-ci.

À cette étape de la lecture qui correspond aux derniers chapitres (du 19 au 33), nous allons continuer notre voyage vers de nouveaux horizons et découvrir d’autres possibilités en lien avec notre souffle.

Souffle et conscience

Il est question ici d’utiliser la respiration dans différentes techniques en lien avec la conscience et pratiquer ainsi une certaine forme de méditation. La méditation de pleine conscience arrive en tête de liste et l’auteur met en avant la démarche scientifique et laïque qui caractérise cette pratique. L’importance de la respiration est mise en avant aussi dans les processus de mémorisation. Un autre type de méditation est Zazen avec le détail de ce qui le caractérise dans son apparente simplicité.

Statue représentant un moine bouddhiste faisant zazen
Statue représentant un moine bouddhiste faisant zazen

Il est évoqué aussi le mazdéisme, une philosophie et religion traditionnelle de l’Iran où la respiration prend une place particulière dans le cadre de l’hygiène globale. L’auteur propose un exercice d’inspiration dit « airyama » qui se présente sous la forme géométrique du triangle pointe en bas. Cette respiration est accompagnée de textes ou de prières pour amplifier leurs effets. La marche afghane est aussi un bon moyen d’améliorer ses capacités en se focalisant sur le rythme respiratoire à l’effort.

Il est précisé l’importance d’inspirer par le nez car cela apporte 10 à 15% d’oxygène en plus que si l’inspiration se fait par la bouche.

Respirer tout au long de l’existence

L’auteur nous fait une chronologie de notre respiration d’avant notre naissance jusqu’à notre dernier souffle en y évoquant les caractéristiques de son évolution. À partir de là, il propose de passer une étape qui consiste à aller de la respiration contrôlée vers le souffle juste. Cette démarche, loin d’être simple, demande un accompagnement certain et l’auteur nous donne quelques pistes à ce sujet. Il cite plusieurs guides connus dans cette démarche pour nous proposer un exercice respiratoire en rectangle afin d’aborder cette notion du souffle juste.

Le Swara yoga…

Cette méthode du souffle enseignée en Inde est restée longtemps secrète avant d’être révélée en occident à la fin des années 90. Cette méthode respiratoire se base sur l’alternance naturelle de notre respiration entre la narine gauche et la narine droite. En fonction de la narine qui va dominer dans notre respiration, nous allons être disposé à faire un certain type d’actions.

Pour simplifier, la narine droite va être privilégiée à chaque fois qu’il est nécessaire de mettre en fonction le cerveau gauche (yang, masculin, rationnel, solaire) et d’effectuer des tâches intellectuelles, analytiques, distanciées des émotions, ou encore corporellement dynamiques, liées à la vigilance ou au réveil.
La narine gauche va être privilégiée chaque fois qu’il est nécessaire de mettre en fonction le cerveau droit (yin, féminin, imaginatif, lunaire) et d’effectuer des tâches plutôt intuitives, liées aux émotions, à l’art, à la voie du coeur, de la créativité imaginale, de la relaxation ou le sommeil.

Il nous sera donc possible de profiter des bienfaits de cette respiration en attendant l’alternance naturelle ou en la provoquant, c’est-à-dire en se bouchant une narine tout simplement.

… et le Prânayâma

Suite au Swara yoga, l’auteur évoque la pratique de la respiration pour obtenir un contrôle et une maîtrise des énergies pouvant nous conduire d’avantage dans un démarche spirituelle ou d’accomplissement profond. Après une certaine mise en garde sur la pratique d’exercices énergétiques (ex : Qi gong, Laya Yoga, …) sans accompagnement solide, l’auteur indique ce qu’il est nécessaire de retenir pour éviter tout déboires dans cette expérience.

Les quelques conseils de Daniel Kieffer :
– Trop peu de méthodes et d’ascèse retarde toute évolution personnelle puis spirituelle.
– Trop de discipline et de rigueur technique nuisent à l’expérience spirituelle en sclérosant le moi, l’opérateur, le technicien autocentré.
– La matière et le corps ne sont pas moins sacrés que le coeur et l’esprit, ils en révèlent simplement une vibration, une fréquence, un aspect énergétique plus densifié.
– Le prâna personnel cache un peu du grand Prâna cosmique.
– Comme l’esprit ne doit pas être dominé par la lettre, c’est l’essence de la respiration qui s’avère fondamentale sur le chemin de toute spiritualité engagée.
Prânayama, Qi Gong et autres méthodes alliant le travail du corps et du souffle demeurent vaines et dangereuses si le pratiquant confond l’outil et l’oeuvre.
– Si le souffle (respiratoire) contient potentiellement sa part de prâna, c’est seulement la concentration (implication du mental et de la conscience donc) qui peut développer le prâna, et en permettre l’absorbation (donc la revitalisation), voire d’accueillir le Prâna (dans sa dimension transpersonnelle, cosmique, universelle).
– La maîtrise est supérieure au contrôle, car elle suppose l’art du Maître.
– Nous respirons plus ou moins 630 millions de fois en notre existence, cela mérite un peu d’attention… mais ne mérite pas de s’y perdre.

D’autres exercices

La respiration peut être pratiquée dans bien d’autres circonstances tels que le chant (ou chaque tonalité a des répercussions sur le plan organique et sur les chakras), mais aussi en contact de la nature, de la terre et des arbres notamment.

L’auteur détail aussi un exercice de « l’ascenseur énergétique » afin de nous éviter les écueils cités dans le précédent chapitre.

Recentrage et respiration consciente

Laquelle de ses poires est la plus stable ?
Laquelle de ses poires est la plus stable ?

Ce chapitre nous donne des outils pour pouvoir se recentrer et obtenir un bon équilibre. Pour cela, un point de repère (grossier ?) est l’image de la poire.

L’auteur utilise aussi un idéogramme chinois, le pictogramme de Mencius, qui permet de visualiser l’Homme dans toutes ses dimensions. À partir de ce pictogramme, il nous détail 8 caricatures en fonction des déséquilibres que nous pouvons rencontrer. Ensuite vient les explications pour harmoniser au mieux le tout qu’est l’Homme.

Les Chakras

Se sont des centres d’énergie vitale présents dans tout notre corps. On en retient aisément les 7 majeurs qui sont dans le prolongement de notre corps entre le pubis et le sommet du crâne. L’auteur nous détail chacun de ces chakras majeurs et va établir le lien qui existe entre ces chakras et quel rôle a le souffle pour transcender l’énergie d’un centre à un autre.

À ce stade, l’auteur rentre dans les explications de la recherche de la spiritualité. Les clés nous sont donnés pour se détacher de l’égo, notamment, en utilisant certaines techniques respiratoires pour faciliter les choses.

Les « anneaux Reichiens »

Nos frustrations, selon Wilhem Reich, peuvent se matérialisé sous la forme d’anneaux de crispation à différents niveaux de notre corps.

Cette partie, plutôt consacrée aux thérapeutes, va détailler les 3 anneaux majeurs (pelvien, solaire et thoracique) ainsi que les 7 mineurs (abdominal, scapulaire, laryngé, maxillaire, frontal, genoux et chevilles) dans les symptômes et les soins qui sont bons à prodiguer. La respiration y a une place déterminante et l’auteur conseil la respiration alternée ainsi que la respiration de l’immortalité.

Les 3 pôles anthroposophiques

Un autre point de vue des énergies vitales, à titre pédagogique, qui circulent dans notre corps est celui de la médecine anthroposophique via Rudolf Steiner. Celui-ci décrit 3 pôles qui sont :

  1. Le pôle neurosensoriel ou neuropsychique lié aux fonctions de la pensée, de la réflexion et de l’idéation
  2. Le pôle rythmique qui se caractérise pas les fonctions cardiovasculaires et respiratoires.
  3. Le pôle métabolique qui regroupe les fonctions de digestion, d’assimilation, d’élimination et de reproduction.

À partir de ces pôles peuvent se former des dualités conduisant à un certain mal être voire nous rendre malade. Il est alors possible de pratiquer des exercices respiratoires, du chant, des expressions verbales, … et autres activités en lien avec le souffle pour résoudre le problème en partie.

L’auteur pousse plus loin la notion de dualité du point de vue anthroposophique et se lance dans la comparaison de ces pôle avec les 3 foyers chinois (les triples réchauffeurs).

Conscience de notre centre

L’auteur utilise un autre outil pédagogique en évoquant le manège d’antant : « l’assiette au beurre ». À travers cette image de fête foraine, le jeu de l’époque consistait à rester le plus longtemps possible sur le disque et seul celui qui était au centre était le grand vainqueur.

À partir de cela, l’auteur liste les nombreux avantages à rester centré en s’appuyant sur les différentes notions évoqués dans les chapitres précédents.

Respiration, centrage et alignement

Après avoir développé l’intérêt du recentrage, voici la partie pratique le permettant. Ce chapitre va nous proposer différents exercices respiratoires en conscience. On peut ainsi s’identifier à un sac de noix, apprendre à situer précisément notre hara, faire la toupie, le culbuto, s’exercer à la « marche sumo » ou la marche « tiré par un fil », et encore d’autres exercices pour ressentir notre hara.

Le centre hara dans l’art

Dans ce chapitre, l’auteur va nous parler de la représentation du hara dans différentes oeuvres d’art telles que peintures, sculptures, illustrations, poteries, arts martiaux, …

De « respirant » à « respiré »

À ce niveau de lecture, l’auteur nous propose de cheminer pour atteindre le souffle juste, évoqué précédemment, de façon pratique. Il reprend ainsi chaque étape de l’évolution de notre respiration, de la naissance à l’âge adulte, et met ainsi en avant le bien fondé d’accéder à ce souffle juste qui caractérise nos premiers moments de vie, mais en conscience. Pour cela, l’intérêt d’associer un mot, une formule, un concept… à chaque phase respiratoire prend tout son sens. Il y est détaillé les étapes nécessaires à passer et l’état d’esprit pour appréhender cette démarche. On est alors au-delà d’un simple entraînement…

Mantrams ou psalmodies pour nourrir la conscience

Quelques soient vos croyances ou vos convictions, l’auteur nous donne toute une suite de mots et expressions, aussi appelés Mantrams, pour progresser vers le souffle juste.

Il est important de noter que ces exercices respiratoires liés à des mantrams doivent se faire de façon progressive et l’auteur rappel qu’il est nécessaire de ne pas brûler d’étapes.

Paroles d’initiés

Cette partie va comporter les citations et témoignages des personnes qui ont été initiés à la respiration en conscience. Nous avons alors un retour des témoignages de Maître Djwal Khul, de Peter Deunov, de Omraam Mikhaël Aïvanhov, de Piotr Ouspenski, du Coran, des Esséniens, de Saint Ignace de Loyola, des chrétiens d’orient, du Sri Ananda, ou encore de Ma Ananda Moyi.

Poumons et symbole

La fin de cet ouvrage va s’attarder sur la symbolique des poumons et de sa représentation en fonction de différents points de vue culturels : la médecine anthroposophique, l’astrologie et la pensée chinoise.

Conclusion

Daniel Kieffer nous propose donc un livre qui reprend au sens large tout ce qui peut exister autour de la respiration, des concepts les plus simples aux plus élaborés et en veillant à y inclure toutes les connaissances empiriques, scientifiques, ésotériques, les cultures, les arts, les religions et les croyance de façon générale.

Ce livre est une invitation au voyage dans lequel l’auteur nous livre un message sur le bien fondé de la recherche de la respiration libérée de toutes contraintes liées à un rythme de vie d’une société chahutée et stressée.

L’ouvrage, partiellement exposé lors de ces trois articles vu la richesse de son contenu, m’apparaît comme un index à partir duquel il est possible de démarrer son exploration avant d’aller sur d’autres références ou à la rencontre de guides pour progresser dans la voie que nous aurons choisi d’appréhender.

Bien que le prix soit dissuasif (58 €), ce livre est une mine de connaissance sur la respiration pour qui souhaite avoir une référence à disposition dans sa bibliothèque.

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« Tu ne peux pas voyager sur un chemin sans être toi-même le chemin. », Bouddha

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