Le thermalisme

Les bienfaits de l’eau n’est plus à démontrer sur notre corps. Que diriez-vous de plonger dans ce sujet qu’est la cure thermale. Aussi appelée « crénothérapie », cette science de l’utilisation des eaux de source minérales a des visées thérapeutiques, de bien-être et de remise en forme.

Il faut avouer qu’un tel programme peut convenir à un grand nombre d’entre nous, à une période où le stress et la fatigue peu nous accaparer. D’ailleurs on compte environ 500000 personnes par an à suivre une cure thermale, réparties dans 105 centres. Plus de 1200 sources d’eau sont reconnues thérapeutiques par l’Académie de médecine. En sachant que les cures thermales ont permis de guérir de nombreuses maladies (asthme, rhumatismes, maladies dermatologiques, …), il serait dommage de s’en priver.

La démarche thérapeutique thermale

Caractéristiques de l’eau thermale

Ces eaux minérales doivent avoir une composition minérale stable validée par décret et sur avis médical. D’ailleurs le ministère de la Santé fait des contrôles réguliers de ces différentes eaux douces.

Bien que leur composition varie d’une source à l’autre, elles ont toutes en commun une certaine richesse en oligo-éléments, elles sont pures et elles sont chaudes (entre 35 et 50°C).

Origines et législations de la cure thermale

Origines

Le mot « cure » vient du latin cura qui veut dire : ensemble des moyens employés pour obtenir une guérison. Il s’agit donc d’un soin à caractère médical, synonyme de thérapie.

On peut définir une cure par une série d’actes médicaux dont le but est le changement momentané de régime en vue d’une normalisation physiologique. Bien qu’une cure puisse se faire dans un centre, il est tout à fait possible de la faire chez soi.

Repères historiques

Les cures thermales remontent à la préhistoire vraisemblablement. Certaines villes ou localités qui existent de nos jours remontent à l’Antiquité et témoignent que le thermalisme était pratiqué à cette époque. Aix en est un exemple, dont le nom vient de Aqua : eau.

Les guerres et invasions barbares dans le courant de l’histoire vont mettre les cures thermales à mal. Il faudra attendre le XVIIIe siècle pour redécouvrir les stations thermales. Leur expansion va être grandissante à la restauration de la monarchie et c’est sous Napoléon III que débute la thalassothérapie et le climatisme à travers des stations telles que Trouville ou encore Biarritz.

Organisation

La durée d’une cure est de trois semaine. Cette tradition est inscrite dans les textes réglementaires et cette durée est nécessaire pour que les organismes de Sécurité Sociale prennent celle-ci en partie en charge financièrement. La durée peut être plus courte et la prise en charge de certains frais par la sécurité sociale peut être possible dans certains cas (les grands brûlés notamment).

Le renouvellement de la cure dépend des effets de cette dernière sur le patient avec l’encadrement du médecin traitant et du médecin thermal. Traditionnellement, la prescription est reconduite sur 3 ans avec un an sans cure. Dans le cas de pathologies particulières, la cure peut être reconduite plus souvent et avec une participation financière de la part de l’organisme de Sécurité Sociale.

La période de cure correspond généralement aux périodes de vacances, les moments les plus agréables, afin d’optimiser le soin dans un environnement propice.

Conduites à tenir

Une cure résulte de 2 actes médicaux :

  • D’abord, le médecin traitant prescrit une cure dans un centre spécialement choisit pour ses spécialités en lien avec les troubles que rencontrent le patient, les nécessités d’hébergement ou les facilités de s’y rendre.
  • Ensuite, le médecin thermal va prescrire un certain nombre de soins effectués par des paramédicaux ou lui-même.

Les soins sont faits, la plupart du temps, le matin et l’après-midi est consacré au repos et aux activités relaxantes telles que la marche en pleine nature par exemple. Le tout se fait sous la surveillance des professionnels en charge de la cure.

Contre-indications habituelles au thermalisme :
– Un état de grande déficience de l’état de santé général
– Toute maladie contagieuse
– Un cancer évolutif
– Une déficience immunitaire
– Un état de dépression aggravée
– Une insuffisance cardiaque
– Une convalescence d’un accident vasculaire cérébral de moins de six mois

Hébergement

L’hébergement sera à proximité du lieu de cure en dehors des cas particuliers que je vais citer.

En cas d’invalidité, des hébergements en structure hospitalière proche du centre de cure est envisageable et sera au coeur du choix du centre de cure par le médecin traitant.

L’autre cas particulier concerne les enfants non accompagnés de leurs parents. Il existe des maison d’enfants avec un encadrement adapté à ce type de patient, afin que la cure se déroule dans les meilleures conditions.

Prise en charge sociale du thermalisme

Toute prescription médicale d’une cure thermale de trois semaines peut être en partie remboursée par la Sécurité Sociale. Ceci est possible si le Centre du cure est agréé et répond à la pathologie du patient.

La prescription doit mentionner une hospitalisation ou une maison d’enfant si la nécessité s’en fait sentir.

Les pathologies (ou spécialités médicales) faisant l’objet d’une prise en charge par la Sécurité Sociale sont les suivantes :

  • Les affections des muqueuses bucco-linguales
  • Les affections digestives
  • Les affections psychosomatiques
  • Les affections urinaires
  • La dermatologie
  • La gynécologie
  • Les maladies cardio-artérielles
  • La neurologie
  • La phlébologie
  • La rhumatologie
  • Les troubles du développement chez l’enfant
  • Les voies respiratoires

Cette prescription médicale est ensuite remise à la Sécurité Sociale pour étude.

En cas d’avis favorable, le patient reçoit un document en trois volets.

  • Le premier devra être remis au médecin thermal.
  • Le second au Centre de cure.
  • Le troisième est à renvoyer à l’Assurance Maladie en cas de prise en charge des frais de transport et d’hébergement, à l’issue de la cure thermale.

En cas de refus de prise en charge en lien avec le 3ème volet, il est possible de faire une demande de recours gracieuse auprès de la Sécurité Sociale.

Voici les taux communs de remboursement de la Sécurité Sociale (hors mutuelles complémentaire) :

  • Honoraires médicaux : 70% du forfait
  • Soins thermaux : 65% des tarifs conventionnels
  • Soins complémentaires thermaux : 70% (si accord)
  • Frais d’hébergement : 65% du forfait fixé chaque année (selon conditions de ressources)
  • Frais de déplacement : 65% (base SNCF 2ème classe) et selon conditions de ressources.

La thalassothérapie n’est pas considérée comme une cure thermale, et n’est donc pas prise en charge par l’Assurance Maladie.

Organisation du séjour en station thermale

Quand toute la documentation est réglée, il appartient au futur curiste de prendre contact avec le centre de cure pour définir la période des soins. De même il se souciera de son hébergement et prendra rendez-vous avec le médecin thermal de son choix. Il n’est pas rare que des centre de cure gèrent aussi l’hébergement.

Certains établissements thermaux bénéficient du tiers payant. Dans ce cas le curiste n’effectue pas l’avance des frais.

Le rôle du médecin thermal

Le médecin thermal est responsable de l’ensemble des soins prodigués lors de la cure thermale.

Le patient sera vu par ce dernier à trois reprises au minimum.

  • La première fois sera l’occasion de faire un bilan dès l’entrée pour définir les soins à effectuer pendant toute la période de la cure.
  • La deuxième fois se fera à mi-parcours afin de faire un point sur l’évolution de l’état de santé, et ainsi redéfinir, si le besoin se fait sentir, le type de soins à apporter.
  • La troisième fois sera le bilan de fin de cure avec les éventuelles prescriptions médicales de sortie si nécessaire.

Il travaille en collaboration avec le médecin traitant, ce qui implique qu’il reçoit le dossier médical du patient remis par ce dernier, et en retour, il lui envoi ses conclusions à l’issue de la cure.

Classification et propriétés des produits thermaux

Les eaux thermales sont utilisées de différentes façon en fonction de la pathologie à traiter.

Ainsi il est possible de l’ingérer si nous souffrons de maladies du foie et des reins par exemple.

Les aérosols sont indiqués dans le cas d’affections des voies respiratoires.

Reste ensuite les voies externes telles que les bains, les douches, les vapeurs, les enveloppes de boues chaudes en rhumatologie par exemple.

Les eaux thermales

Leur composition, notamment en sels minéraux, a toujours été un facteur important dans l’utilisation des eaux minérales pour la santé. D’autres facteurs sont aussi à envisager pour que le médecin oriente le patient vers les centres de cure. Ainsi, on tiendra compte de la température de l’eau, de son pH, de sa résistivité, de sa radioactivité et de son rH (potentiel Redox : le rH est en quelque sorte la capacité de l’eau pour fixer de l’oxygène).

Les eaux sulfurées

Se sont des eaux riches en hydrogène sulfuré dont les propriétés antibactériennes peuvent être utilisées au niveau des muqueuses de l’appareil respiratoire, ou encore être employées au sein d’un traitement antirhumatismal lorsque le soufre s’incorpore dans le cartilage lésé.

Des boues thermales issues de ces eaux sulfurées ont fait le succès de grandes stations du rhumatisme, notamment dans la région pyrénéenne et les Landes.

Les eaux sulfatées

Se sont des eaux contenant le soufre mais sous une forme oxydée, le rendant ainsi plus assimilable. Son utilisation est particulièrement apprécié pour stimuler les reins et le système digestif au niveau de foie et des voies biliaires en générale.

Les eaux chlorurées

Ces eaux sont issues d’un milieu qui était à l’origine marin. On retrouve donc des propriétés proches de l’eau de mer. Hors mis son utilisation pour la rééducation fonctionnelle, ces eaux sont utilisées dans certaines maladies de l’enfant, les affections du système nerveux ou des troubles d’ordre gynécologique.

Ces eaux sont contre-indiquées chez les patients souffrant d’insuffisance cardiaque.
Par contre, elles sont indiquées chez les enfants et adolescents énurétiques.

Les eaux bicarbonatées

Ces eaux comportent très souvent une présence de gaz carbonique pouvant être utilisé dans les traitements des maladies artérielles obstructives dont l’artérite des membres inférieurs. D’autre part, cette eau est utilisée pour les maladies métaboliques telles que le diabète, comme en dermatologie et allergologie.

Les eaux indéterminées

Ces eaux faiblement minéralisées ont montré leur intérêt dans des études sur certaines pathologies. L’exemple de La Roche-Posay, de part une présence intéressante de zinc et de sélénium dans ses eaux, est intéressante pour le traitement de l’eczéma et du psoriasis.

Les boues

Ce sont le produit d’une eau avec un limon ou de l’argile. On peut les appliquer en cataplasme ou en bain.

En cataplasme, l’illutation (action d’application de la boue sur le corps) doit se faire avec une boue chaude. Quand celle-ci se refroidit, on met un drap et une couverture afin de provoquer une sudation et la dilatation des vaisseaux périphériques pour faciliter les échanges entre la boue et la peau. On appelle cela une sudation en cabine.

Les aérosols

Les gaz sont recommandés dans le cas d’affection des voies respiratoires. On les utilisent dans les traitements de la sphère ORL, en particulier chez les enfants contre :

  • Les otites
  • L’asthme
  • La sinusite
  • La trachéite
  • La bronchite
  • La pharyngite
  • Les allergies infectieuses

Les bains

Les techniques sont nombreuses. On peut en citer quelques unes :

Les bains collectifs en piscine : équipée de dispositif de soutien, la piscine permet un travail de toutes les articulations et du rachis. Il y est dispensé des exercices de gymnastique pour y assouplir les articulations.

La piscine hydro-massage : c’est un bain en piscine dont l’eau est à 36°C. Le curiste y dirige des hydrojets mobiles vers ses articulations douloureuses (dorsales, cervicales, …) pendant une durée de 10 minutes. C’est un antidouleur et relaxant pour les muscles.

La douche au jet : c’est une aspersion d’eau thermale suivie d’une douche au jet individuel, délivrée manuellement par un agent soignant thermal sur une durée de 12 minutes. Cela stimule la circulation et est un décontracturant musculaire.

Le bain simple et bain à massage ou hydrojets : c’est un bain de baignoire individuel d’eau thermale au cours duquel des jets sont propulsés en direction des zones du rachis (cervicales, dorsales, lombaires), des membres supérieurs et des membres inférieurs. C’est un décontracturant musculaire, relaxant et stimulant circulatoire.

L’aérobain : c’est la diffusion de micro bulles d’air sous pression dans un bain général chaud (36 à 38°C), pendant 10 à 15 minutes. Il y a ainsi une action vasodilatatrice et antalgique de la chaleur associée à l’effet de massage et de drainage des micro bulles d’air sous pression.

Les soins en étuve

Ils exploitent les propriétés thérapeutiques de la vapeur d’eau thermale. Ils consistent en une pulvérisation de la vapeur d’eau thermale dont les vertus anti-inflammatoires et antalgiques sont préconisées en cas de rhumatismes et d’arthrose. Par ailleurs, la vapeur permet une meilleur microcirculation cutanée, ce qui est indiqué pour les personnes souffrant de pathologies veineuses.

Un moment hors du temps

Hors mis le bien-être ressenti dans la pratique de la cure thermale, les études régulières faites dans ce domaine mettent en avant la portée thérapeutique du thermalisme. Il est à noter qu’une cure se fait dans un cadre idyllique, avec une ambiance sereine, hors de tout stress et autres contraintes qui envahissent notre quotidien. Cette retraite de trois semaine permet de se recentrer, de se retrouver et de prendre un recul sur certaines difficultés.

Nourrit de conseils des différents soignants lors de ce moment a part, c’est l’occasion d’envisager de prendre de bonnes résolutions concernant notre hygiène de vie post-cure.

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« Pour revenir guéri des bains, rien de tel que d’y aller bien portant », Jean Antoine Petit

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